ArianeSud Entreprendre / Bibliothèque / aa Auteurs / CASTORIADIS / CASTORIADIS introduction par Barbery 1998
Sans doute vous êtes-vous déjà interrogés. Comment font-ils les médiatiques et les détenteurs de certitudes, les voix de nos consciences et les témoins de leur temps, les spécialistes des problèmes en tous genres, les faux torturés, les clairvoyants, les intarissables ?
Élémentaire ! Ils connaissent les secrets d’une langue mystérieuse : la langue de coton.
L’existence même nous confronte à la nécessité de devoir choisir continuellement entre le vrai et le faux, y compris pour obéir à des impératifs de survie, et nous oblige en conséquence à nous interroger sur les possibilités d’expliquer ou de comprendre, de façon plus spéculative, voire d’optimiser pratiquement un tel discernement. Dans notre culture, le mot « vrai », provient à l’origine de la racine indo-européenne wer signifiant « l’idée de ce à quoi on peut croire ». C’est pourquoi le sens restera toujours très proche de « garantir » et de « garant ». Le latin verus (vrai), vera (vraiment) d’où découlera veritas (« vérité ») à partir duquel se construiront, entre autres, « véritable », mais aussi « véracité », « vérifier », « véridique », « avérer » et « voire »... La notion d’aletheia grèque, elle, se dévoile progressivement au cours d’un travail d’approfondissement, inscrit dans une durée, conservant une idée d’inachèvement, tandis que la vérité latine se veut plus décisive, établie, une fois pour toutes.
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